Quand on peut halluciner à plusieurs…

HoMa god que ça a changé

Publié par : David le : novembre 2, 2009

J’ai vécu dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve il y a quelques années, sur la rue Joliette. À l’époque, les highlights du quartier étaient le Valentine au coin de la rue, le Chic Resto Pop dans le sous-sol de l’église voisine, le magasin Chez Rossy et le happening de l’année étaient la parade du Père Noël en décembre sur la Promenade Ontario et les vente trottoir sur la même rue en été.

Alors que je suis encore une fois à la recherche d’un logement, je suis repassé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, et vraiment, quel changements ! Il y a maintenant des boutiques dignes de produits bio sur la Promenade Ontario et des cafés fancé remplis de jeunes travailleurs jet-set et de jeunes étudiants.

En 2002, quand je me levais à 6h du matin pour aller travailler dans une dépanneur avec beaucoup de revues succursale de La Maison de La Presse (mmm… les souvenirs), la principale chose que je croisais sur Ontario et Joliette, c’était des saoulons finis qui se dirigeaient au Dunkin’ Donuts voisin en marmonnant tout haut. Maintenant, en 2009, il y a toujours des saoulons finis dans la rue à un moment où l’autre de la journée, mais leur marmmoneries sont enterrées dans une foule de nouveaux propriétaires, de jeunes professionnels et d’étudiants en quête de loyers encore pas chers.

J’ai comme l’impression que la transition entre quartier vraiment pauvre et nouveau quartier émergent s’est faite de façon très soudaine. Je me demande aussi ce qui advient de la classe pauvre du quartier qui lui fait sa réputation depuis toujours. Ont-ils été évincés de leurs logements par de nouveaux propriétaire ? La situation est-elle restée la même pour eux, seulement ont les voit moins majoritaires à cause des nouveaux venus ? Ont-ils migré vers d’autres quartiers plus abordables ? Leur situation s’est-elle améliorée d’une certaine façon ? Tant de questions qui me viennent en tête quand je marche dans les rues de ce quartier qui a tant connu la pauvreté et qui se métamorphose progressivement.

Dans ces moments-là, je voudrais être sociologue pour comprendre comment se transforme les quartiers d’une ville. J’aimerais surtout comprendre comment les quartiers se polarisent aussi radicalement, car à Montréal, le paysage urbain change de façon étonnante presque à chaque station de métro. Pendant une période, la classe moyenne fuit comme la peste des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve, mais quelques années plus tard elle l’investit en profitant du coût relativement faible des propriétés. À une autre époque, un quartier comme Saint-Michel était très fréquentable et paisible, maintenant une grosse partie de ses citoyens le fuient comme la peste à cause de la montée de la criminalité liée au gangs de rue.

Ça pique vraiment ma curiosité quand je revisite les mêmes quartiers quelques années plus tard. Ça me fait un petit quelque chose de penser que le saoulons qui errait au Dunkin sur Ontario va peut-être un jour se retrouver dans un HLM de Saint-Michel parce que son quartier d’origine est en quelque sorte passé à autre chose que la pauvreté et ne veut plus de lui. J’ai un peu l’impression que c’est comme changer le problème de la pauvreté de place, un peu comme on fini un peu par oublier les ouvriers du Plateau Mont-Royal des romans de Michel Tremblay, en voyant arriver les condos à 400 000 $ qui donnent vue sur la montagne. Derrière l’aisance et l’argent, il y peut-être un peu de notre histoire qui disparaît sans que personne ne s’en rende vraiment compte.

 

Fashion faux-toupet

Publié par : David le : octobre 27, 2009

Yooooo les jeunes, c’est quoi le concept derrière les gros chandails de laine avec des motifs et les coupes de cheveux à la Dr Egon Spengler dans Ghostbusters ?

Sérieusement, les Xavier Dolan de ce monde, vos coupe et votre style vestimentaire doivent mourir…

L’avenir de la nation, vive la nation

Publié par : David le : octobre 24, 2009

En l’espace de seulement 3 jours, mon estime pour la nouvelle génération de jeunes a pris une sérieuse drop.

À commencer par une charmante soirée au théâtre jeudi soir passé, où j’ai eu le plaisir d’assister à la pièce Beaucoup de bruit pour rien en compagnie de mes compagnons au Théâtre du Nouveau Monde, ainsi qu’avec la quasi-totalité de tous les élèves de la Commission scolaire anglophone de Montréal. On dirait que c’était soir de sortie para-scolaire, semble-t-il.

Et ils ont tous, j’ai bien dit tous, des. ostie. de. cellulaires. Toooooooussssss…

Peut-être n’avaient-ils pas compris le cordial mais très clair avertissement au début de la pièce demandant à tous de FERMER leurs cellulaires, mon très jeune voisin d’en face, ainsi que la gamine assise dans la rangée à ma droite, on passé le clair de la représentation à texter en toute “discrétion”. Mais pour ceux qui ne le savent pas, même la toute petite luminosité d’un écran de portable est affreusement distrayante et pousse à les voisins à éprouver des envies de meurtre. Le sentiment fut d’ailleurs partagé avec mes voisins et leurs «tsk» d’irritation.

J’ai une thèse sur le devenir de l’obsession grave des jeunes pour leurs cellulaires et les potentiels dangers pour notre société.

Si jamais on se se retrouve coincés dans une guerre et que Montréal est bombardée la nuit, avec tous les petits points de lumière créés par les jeunes qui se textent à chaque bout de la ville pour se raconter leurs anecdotes insignifiantes, on est tous foutus parce qu’on va se faire repérer dans les bunkers anti-bombes. “Yo chu trop en train d’me kacher danzun abri LOL MDR !!!!!!!!!!!!!!” FiiiiiiiiiooooouBOOOOUUM…. Fin de la civilisation.

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Vendredi après-midi, bribe de conversation entendue au Couche-Tard du métro Lionel-Groulx de la bouche d’un jeune à l’accent méditerranéen farouche :

“Ouais man, y’a fucking aucune chick qui travaille ici asteur, y’en a juste l’autre qui rentre dès fois le soir, mais elle est fucking laite, c’t'une fucking torche !”.

Juste, wow. Violent.

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Et finalement, aujourd’hui, au Subway sur Saint-Denis, trois filles dans leurs mid-teens discutent d’une soirée :

“On était au bar avec elle, mais elle était troooop saoûle là, crisse ! À’ fin de la soirée, est venue danser à côté de moi, mais vraiment trop collée, à l’arrêtait pas de s’frotter la plotte su’moi !”

Cette fois-là, c’était moins intense que le jeune du Couche-Tard. Mais quand même, quelle classe, les enfants.

Bref, la Génération Y (du moins les derniers), attention, je vous écoute (et par conséquent, mes oreilles saignent…).

Creuser une tombe, effleurer son histoire

Publié par : David le : octobre 22, 2009

Je sais que le sujet a été remué souvent dans les médias dernièrement et que ce n’est plus trop d’actualité, mais en relisant une chronique dans un blog et après être tombé sur ce texte de la Presse relatant l’histoire du décès de Nelly Arcan, je constate qu’encore aujourd’hui la couverture médiatique du décès de Nelly Arcan me sidère.

Lu dans un texte de La Presse résumant l’histoire de l’auteure :

“Enfant enjouée, intelligente et extravertie, Isabelle Fortier s’est repliée sur elle-même à l’adolescence, selon René Lavallée, qui a étudié avec elle à la polyvalente Montignac. «Avec le temps, elle est devenue assez noire. Plus ça allait, et plus elle s’effaçait», a-t-il confié.”

Ok. Je me permets de lancer une hypothèse vachement irrévérencieuse : une fille jeune et intelligente ne se retrouve pas du jour au lendemain à se prostituer pour gagner sa vie si elle a vécu une  vie saine et équilibrée au départ. Allez-y, lancez-moi les premières pierres, je m’en fous. À l’adolescence, on ne se replie pas sur soi-même pour aucune raison, on ne devient pas “noir” (chez nous on dit dépressif) pour rien non plus. N’importe qui ayant vécu ou ayant eu un proche avec un début de vie tourmenté peut en témoigner.

Le fait que la plupart des médias qui relatent l’histoire de son décès esquivent la question à savoir pourquoi l’auteure était malheureuse au point vouloir s’enlever la vie me vexe sans bon sang. Et dans ce cas, il y a quelque chose de particulièrement gênant, du fait que l’oeuvre de Nelly Arcan relève de l’autofiction et que n’importe qui ayant lu “Putain” ou “Folle” peuvent se faire leur petite idée du pourquoi de la névrose du “personnage”. Allez à la bibliothèque et ouvrez ses livres, bordel.

Je ne suis pas de ces gens qui se satisfont de contempler le “mystère” du malheur des autres. Il y a toujours un rapport cause à effet dans l’histoire des gens qui expliquent, du moins en partie, leur état d’esprit présent. Je ne prétends pas savoir mieux qu’un autre la vérité qui entoure la disparition de l’auteure, mais reste que, un geste suicidaire est un moyen de mettre fin à des souffrances, souffrances qui forcément découlent de quelquechose.

Alors, est-ce qu’on se rend service à traiter la mort d’une brillante auteure en racontant son histoire comme un simple téléroman, avec des personnages et de situations de fond, comme un divertissement comme un autre ? Je comprends bien qu’on épargne le pillage de l’univers intime d’une célébrité à sa mort à son entourage, mais dans le cas d’un auteure d’oeuvre d’autofiction, c’est, comme je l’avais déjà mentionné, un peu comme un secret de polichinelle, car il est assez difficile de faire semblant qu’il n’y a aucune trace du passé avec 4 romans déjà publiés.

Et tant qu’à moi, ça n’a rien à voir avec le simple fait que les médias se gardent bien de tomber dans une quelconque indécence en exposant des vies exposées au grand jour, comme on le fait si gratuitement chez la famille du David Fortin ou de la petite Cédrika Provencher. Tout ça pour me retrouver face à face avec une couverture médiatique d’une mort qui suinte un relent d’hypocrisie, comme trop souvent on le remarque dans le traitement médiatique des gens qui se suicident et qui mystérieusement, n’ont plus de passé, plus d’entourage, plus de secrets, plus d’histoire.

Et on passe au suivant, et on continue de se demander pourquoi les malheureux continuent à se suicider, sans vraiment chercher à savoir comment on peut les aider à s’accrocher à la vie malgré leur passé, leur histoire. On préfère croire qu’ils sont juste fous, ou “Folle”, comme Nelly Arcan.

Et c’est ça, au fond, qui m’écoeure, qui m’enrage.

Gadget inutile

Publié par : David le : octobre 21, 2009

Ça a beau avoir le potentiel de sauver des arbres, ça a beau venir dans des modèles de plus en plus cute, mais…

there’s no fucking way que je vais lire mes livres sous format électronique un jour… J’ai une aversion innée à tout ce qui peut potentiellement ressembler à une calculatrice, et puis je les aime mes vieux livres en papier.

De l’utilité des médias interactifs sur le moral

Publié par : David le : octobre 20, 2009

Article qui m’interpelle tout particulièrement dans le New York Times aujourd’hui. Et surtout, les témoignages dans le forum, où une majorité écrasante raconte son témoignage personnel sur la chose.

J’aime quand les articles en ligne aident à s’attaquer à des tabous comme ceux de ce genre, et où les utilisateurs peuvent exprimer leur pensée sur le sujets. Ce commentateur vient tout juste de m’enlever les mots de la bouche :

“The most difficult part is dealing with the reactions of people when they discover that I no longer speak to my parents. They typically want to know what kind of a monster would cut off the people who gave them life. I hope this article raises awareness and understanding about this issue and that such decisions are not made lightly.”— (L.A.W., DC)

Wow. Juste, comme. merci les Internets…

Il y a des jours…

Publié par : David le : octobre 18, 2009

… où je me demande pourquoi, à 2h du matin, revenant un tantinet pompette d’une soirée de mariage, je me retrouve devant la télé à bouffer des arachides salées en regardant les infopubs de Voyance Québec à Vé (feu TQS).

J’me le demande bien…

Update automnale

Publié par : David le : octobre 9, 2009

C’est le temps d’un update sur mon blog, yé !

J’ai remarqué que j’ai plusieurs nouveaux lecteurs récemment, qui ont connu mon blog grâce au site Queer Canada Blogs, alias «The Better Blogging Bureau of Queer Canada». Gageons que celui ou celle qui a parti le site est fonctionnaire quelque part à Ottawa, pour avoir inclus le mot «bureau» dans le sous-titre. Surtout que l’on sait que les mots «gai» et «bureau» vont tellement ensemble. Personnellement j’apprécie beaucoup mon bureau pour l’excellent travail qu’il fait à soutenir mes affaires qui s’y trouvent.

Bref, pour les nouveaux venus, bienvenus sur ce minuscule échantillon de vie qu’est mon blog, que j’update plus ou moins régulièrement, car disons que ces temps-ci, la vie m’amène plutôt à m’occuper de se qui se passe à l’extérieur du Web.

Ces temps-çi, je suis surtout à la cherche un logement, et d’ailleurs, comme ma date butoir pour m’en aller d’où je reste présentement se rapproche, je vais assurément me retrouver dans un 1 et demi en décomposition quelque part à Montréal-Nord, avec pour voisins un repère de gang de Hells Angels, quoi que ça ne m’impressionnerait pas vraiment, j’ai déjà eu des dealers de coke comme voisins avant. Le Centre-Sud, c’est l’école de la vie.

Je songe sérieusement à effectuer un timide retour sur les bancs de l’université à l’hiver, car si je poursuis ma carrière comme représentant au service à la clientèle, c’est bientôt mes collègues de travail que je vais étrangler avec le cordon de mon téléphone, pour passer la frustration de manger un énième char de marde à cause d’un client frustré. Ne vous trompez pas, j’apprécie mon travail, mais disons qu’il y a des jours où, comme me disait une cliente exigeante l’autre jour, j’irais bien me faire voir ailleurs si j’y suis.

Mais pour l’instant, je ne chôme pas pour ce qui est de continuer à m’instruire, car je suis un cours de dessin classique pour comprendre les bases de cet art merveilleux que j’admire intensément. Qui sait, peut-être qu’un jour je vous dessinerai ma vie au lieu de l’écrire.

Parlant d’instruction, l’autre jour, j’ai reçu l’exemplaire d’automne de «Les diplômés» de l’Université de Montréal. Cette charmante circulaire vantant les accomplissements des diplômés de l’UdeM est à peu près le seul truc qui me rappelle que j’ai passé 3 ans et demi à systématiquement ingurgiter et surtout régurgiter de la matière affable en traduction. Sérieusement, si j’entends le mot traduction, je me crispe en petite boule en tremblant. C’est con parfois comment il faut s’être rendu au bout d’un programme pour se rendre compte que finalement, on déteste ça à mort.

Ce qui est d’autant plus déstabilisant aussi, c’est qu’en regardant où on en était il y a quelques années et ce qu’on est maintenant, on a l’impression d’être une personne complètement différente.

Et vraiment, c’est tant mieux.

The Awkward Mom Show

Publié par : David le : octobre 7, 2009

J’ai récemment découvert, sur le tard, une émission matinale nommée The Mom Show qui passe en reprise sur Global . Le concept de l’émission était de rassembler des animatrices/mères/les enfants des animatrices dans un décors qui fait concept «garderie à la maison». C’est sérieusement weird, on nage dans les eaux profondes de la télé communautaire expérimentale.

La première chose qui frappe dans cette émission, c’est le décors drabe sur le plateau, qui semble avoir été conçu pour accompagner les visages presque tous émaciés des animatrices, qui semblent tous sur le bord du burn-out et on plutôt l’air d’avoir envie d’aller se coucher plutôt que de parler à la caméra. Pour ça, on ne peut pas vraiment les plaindre.

Ce matin, je suis tombé sur une reprise d’une émission où les animatrices, qui je le rappelle, sont toutes des mamans, discutent du choix de la circoncision de leur garçons à la naissance. J’ai eu le temps d’entendre l’opinion d’au moins quatre des animatrices, qui se résumaient précisément ainsi : «Bof… j’aime pas trop ça, mais dans ce cas là, je laisse mon mari avoir le dernier mot, pis finalement il a décidé que …».

Elles ont toutes affirmé avoir laissé leur mari choisir à leur place. Je vous rappelle que nous sommes en 2009.

C’est peut-être parce que je n’ai pas d’enfant et que je ne connais pas les tracas d’avoir à faire des décisions importantes pour mon petit, mais j’ai fondamentalement un problème avec le principe du «ça me tente pas de prendre de décision, je laisse mon mari décider à ma place dans ce temps-là». Même si je ne suis pas une femme, personnellement je n’aime pas cette façon de se désinvestir de décisions qui devraient quand même se faire à deux. Suis-je le seul à trouver cette mentalité rétrograde ?

Bref, petit détail qui m’a fait sourciller avec étonnement ce matin en regardant les animatrices discuter du futur sentiment d’identité de leur garçon vis-à-vis leur zizi circoncis ou non. Et ça ce n’était que le prélude du segment à venir après la pause, où il serait question de la rivalité entre les nouveaux-nés et leurs aînés. En regardant la caméra, l’animatrice fait mine de pointer ses seins et dit  «C’est parce qu’ils en veulent encore ! Oui, ils en raffolent !» devant le regard horrifié hébété de l’autre maman à côté.

Un grand moment de télévision communautaire qui va remonter le moral à toute une génération de nouvelles mamans, j’en suis sûr.

11 logements

Publié par : David le : octobre 2, 2009

…visités jusqu’à présent.

Je pense que c’est mon record à vie pour une recherche de logement. Je ne sais pas si c’est parce que pour une fois, je me laisse le luxe d’être sélectif pour mon futur logis, ou si c’est parce qu’en cette période de l’année, il y a vraiment pas grand chose de bien dans les secteurs où je cherche.

En même temps, je vois la date limite où je dois quitter mon logement actuel (c’était une sous-location temporaire) et je suis de plus en plus tenté de prendre le premier endroit potable qui sera disponible. Mais c’est aussi dans ces moments-là où me viennent à l’esprit mes souvenirs de logement cauchemardesques, où tant de désagréments auraient pu être évité avec un peu de jugeotte.

Bref, de ne pas avoir la maison de papa-maman pour s’héberger entre deux logements, c’est stressant.