Publié par : David le : janvier 14, 2010
En Afrique, ils plaisantent pas avec la lessive.
Publié par : David le : janvier 12, 2010
À la lecture de la section « Points de vue » du Soleil on peut constater que le Québec a encore de longues et belles années devant elle en matière de conneries à publier.
Un plan de lutte contre l’homophobie méprisant envers la population générale.
J’affiche le lien pour l’article, mais honnêtement, je vous déconseille de perdre votre temps à le lire. Allez plutôt vous faire plaisir, comme prendre une marche, parler à un ami, flatter votre chat, faire n’importe quoi d’autre que d’encourager 4 diplômés en philosophie et leur conception tordue de « l’ignorance justifiée », nouveau concept frais chié de notre époque, en leur faisant croire que s’ils sont lus, c’est qu’ils ont raison.
L’idée, en gros, c’est que le programme de lutte contre l’homophobie du gouvernement, c’est en fait une conspiration pour nous enlever le droit de pas être d’accord avec les autres parce on a ben le droit, pis parce qu’on a le droit, pleins de droits au Canada, dont le droit de pas penser comme les autres. C’est mon droit, bon.
Ah oui, et que si la haine des homosexuels existe depuis des millénaires, ben c’est assurément parce que les générations précédentes avaient raison parce que ça fait des années que ça dure. Ce qui, à mes yeux, constitue une invitation flagrante à faire comme dans le bon vieux temps : soumettre nos femmes et nos enfants au pères tout-puissants, retourner nos esclaves dans nos champs de coton et sacrer au bûcher tous les déviants de la société, parce que, heille, si ça a duré si longtemps, ça doit être parce qu’ils avaient raison !
J’espère que le but derrière la publication de ce ramassis de pseudo-indignation était de démontrer que l’homophobie, (oui-oui) existe encore et toujours, seulement elle se paraît de ses plus beaux atours pour tenter de se justifier.
« Le manque de respect envers les homosexuels est inacceptable, le manque de respect des homosexuels envers la relation homme-femme que privilégie l’ensemble de la population l’est tout autant. Il est inacceptable que le gouvernement de tous les Québécois accepte comme allant de soi la vision de l’homosexualité partagée par cette minorité. »
Méchants homosexuels, méchants !
Moi qui aime tant discriminer mes pairs hétérosexuels parce que je suis tellement jaloux de leur capacité à avoir des enfants, surtout par accident, à pas se comprendre parce que l’un sur Mars, l’autre sur Vénus, et à passer leur temps à se divorcer et à se remarier.
Mais sérieusement, pourquoi certains intellectuels voient dans les initiatives de lutte contre la discrimination une atteinte à leur droit de ne pas être d’accord sur quelque chose et de l’affirmer ? On peut être profondément en désaccord avec quelque chose sans avoir besoin de le justifier, personne ne forcera perasonne à aimer ce qu’il n’aime pas naturellement. C’est pas parce que je suis en profond désaccord avec le fait de porter des pantalons en coton ouaté en public que j’ai besoin que mes droits fondamentaux de trouver ça laitte soit spécifiquement protégés. Je pourrai toujours leur manquer de respect, mais poliment, dans ma tête (ou sur mon blog). Pourquoi tant de haine ? Comme le dit un sage dicton anglais « love the sinner, hate the sweatpants ».
Petite suggestion à l’équipe du Soleil et de Cyberpresse : améliorez donc le contenu de vos articles au lieu de perdre votre énergie et votre pertinence à trouver des photos de vos journachroniblogueurs pour faire plus le fonne dans Cyberpresse.
Autre pensée : Si je dis que j’ai un titre important ou un diplôme supérieur, est-ce que Cyberpresse va publier n’importe quel torchon de marde que je vais produire, moi aussi ?
Voici en gros ma pensée, parce que, ben, c’est de même que je pense pis chus plus hot que vous autres anyways facque. Signé Dr. David, doctorant diplômé de l’Université Supérieure de Mon Cul.
Voilà qui est dit.
Publié par : David le : décembre 4, 2009
Travailler dans le service à la clientèle m’a donné l’occasion de servir une quantité presque indécente de gens ayant des caractères tous les plus diversifiés que les autres.
Il y en a qu’on aime bien, d’autres qu’on préfèrerait ne jamais avoir connu de toute la vie. Il y a parmi cette catégorie là un type de client adorable que j’appellerai ici le client «boss-des-bécosses». Encore une fois, je remercie le jargon québécois pour ses perles langagières si fantastiques, comme celle-ci, qui décrit tout en trois merveilleux petits mots.
Au premier coup d’oeil, le boss-des-bécosses semble être une client comme les autres. Habituellement quand il appelle, il est relativement poli, semble calme et va droit au but.
« Bonjour, j’ai reçu mon relevé du mois dernier et je vois que j’ai des intérêts. C’est pas supposé, pourtant. »
Déjà, on peut noter le « c’est pas supposé » dans sa première phrase, car il faut savoir que le boss-de-bécosses, il paie toujours son compte en totalité et à temps, c’est le roi de la ponctualité bancaire et ainsi donc, la section d’information sur les intérêts dans le très important guide Entente d’utilisation relative à la carte de crédit ne s’applique tout simplement pas à lui. À l’écouter parler, on devrait le laisser emprunter de l’argent les yeux fermés et l’en remercier, même.
« Vous avez fait votre paiement par Internet la veille de la date d’échéance. À cause des délais de traitement, votre paiement est arrivé quelques jours en retard, ce qui vous a généré des intérêts selon les conditions d’utilisation de la carte de crédit. »
« Tsk, ben voyons, vous le voyez-là que je fais toujours mes paiements à temps, c’est la première fois que j’ai des intérêts, j’en ai jamais des intérêts sur ma carte ! Je trouve ça tellement effronté de me charger des intérêts, moi qui suis un bon client. Je ne paye JAMAIS d’intérêts sur mon compte, m’entendez-vous là ? »
Et c’est d’habitude là que le niveau de connasserie augmente d’un trait dans l’air.
« Je m’excuse, mais là tu vas m’arranger ça, pis tu vas me rembourser ces intérêts là. »
Notez bien l’usage très libre du tu du boss-des-bécosses en pleine crise d’adolescence. « Tu-te-toi, toé-là, voix invisible à qui je m’adresse à l’autre bout de la ligne, je t’ordonne, je te CONJURE d’obéir à ma commande ! Fais-ce que je te dis ! Et que ça saute ! »
Ce qui fait aussi l’ingratitude de cette formule, c’est que souvent, le boss-des-bécosses n’est pas particulièrement plus riche ni plus prestigieux qu’un autre. Il arrive parfois qu’il est un self-made man ayant l’habitude que les choses marchent à sa façon.
Le problème avec le service à la clientèle au téléphone, c’est que les gens ne voient pas à qui ils ont affaire, ils ont l’impression qu’au fond il sont seuls au bout de la ligne, et presque littéralement, ils se laissent aller à leur Moi profond comme sur le divan d’un psychanalyste.
C’est surprenant de constater à quel point il y a des Moi mal baisés en ce monde.
Mais au moins, le boss-des-bécosses, dans sa grandeur cuvettienne, reste magnanime après s’être lâché lousse dans toute sa hargne freudienne envers le représentant :
« Ne le prend pas personnel, c’est plate que c’est toi qui ramasse toute ma frustration, mais ça adonne juste de-même. »
En gros, j’essaie de donner l’impression que derrière mon attitude de petit connard, je suis un humain qui vient de vivre un frustration qu’il n’avait pas d’autre choix que de passer sur le dos d’une voix anonyme au téléphone.
Car en effet, le boss-des-bécosses est une diva qui ne se contrôle pas.
Ah, le service à la clientèle. C’est fou ce que les gens peuvent faire parce qu’ils croient que payer pour quelque chose les confère un pouvoir délégués par les dieux.
Et nous, représentants au service à la clientèle, humbles serviteurs que nous sommes, nous faisons un plaisir de vous aider. Si par «plaisir» on entend « besoin d’avoir ce putain de chèque de paie pour payer le loyer, la bouffe et les factures à la fin du mois ».
Sinon, je crois qu’on s’accorderai plutôt le plaisir de vous renvoyer les boss-des-bécosses à leur trône respectifs où ils règnent en rois et maîtres.
Publié par : David le : novembre 25, 2009
Au travail, un client appelle :
David : Bonjour, comment puis-je vous aider ?
(Autre bout de la ligne) : … … … … …
David : Allô ? Bonjour, il y a quelqu’un ?
Client : … Ahh… euh… aaah…
David : ? Oui monsieur, est-ce que je peux vous aider ?
Client : … aaaah… ben… cé que…
David : ? Ouiiii-iiii-iii ?????????
Client : … aaaah, ben, ‘a veut pas marcher.
David : ??????
Comment, qui ça, QUOI cé donc qui veut pas marcher ?!
Votre téléphone ? Votre toaster ? La télécommande de la télé ? Votre char ? La femme paraplégique qui est dans la pièce avec vous ? QUOAAAAAAA POUR L’AMOUR DU BON DIEU ???? MAIS FAITES UNE PHRASE SUJET-VERBE-COMPLÉMEEEEEEEENT !!!!!!!
David : Ahem… vous avez bloqué votre mot de passe, je présume ? Bon, on va arranger ça.
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Ciboire. Y’a des jours où, si j’étais un personnage de BD, il y aurait un petit nuage de fumée qui me sortirait de la tête.
Publié par : David le : novembre 20, 2009
Comment démolir une première impression aux yeux de son tout nouveau proprio à son nouveau logement ?
Simple :
Emménagez et foutez le bordel dans le logement que vous n’aurez pas le temps/l’argent pour vous acheter des meubles, le laissant ainsi suspicieusement vide.
Assurez-vous que les rideaux de fortune, donc les draps que vous avez scotchés à votre fenêtre, décollent à tout moment, exposant le spectacle de vous biens éparpillés aux quatre vents dans ladite pièce, et ce aux yeux de tout le quartier, vive les rez-de-chaussées.
Mais surtout, souriez, ce n’est pas tout les jours qu’on a un bizarroïde qui s’installe dans votre logement, offrez donc votre plus beau sourire aux gens du quartier, et au proprio qui vient chercher son chèque de loyer en constatant avec horreur que vous n’avez même pas de cintres pour accrocher vos manteaux dans votre placard négligemment laissé ouvert.
Ah oui, et les dons sont acceptés.
Publié par : David le : novembre 2, 2009
J’ai vécu dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve il y a quelques années, sur la rue Joliette. À l’époque, les highlights du quartier étaient le Valentine au coin de la rue, le Chic Resto Pop dans le sous-sol de l’église voisine, le magasin Chez Rossy et le happening de l’année étaient la parade du Père Noël en décembre sur la Promenade Ontario et les vente trottoir sur la même rue en été.
Alors que je suis encore une fois à la recherche d’un logement, je suis repassé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, et vraiment, quel changements ! Il y a maintenant des boutiques dignes de produits bio sur la Promenade Ontario et des cafés fancé remplis de jeunes travailleurs jet-set et de jeunes étudiants.
En 2002, quand je me levais à 6h du matin pour aller travailler dans une dépanneur avec beaucoup de revues succursale de La Maison de La Presse (mmm… les souvenirs), la principale chose que je croisais sur Ontario et Joliette, c’était des saoulons finis qui se dirigeaient au Dunkin’ Donuts voisin en marmonnant tout haut. Maintenant, en 2009, il y a toujours des saoulons finis dans la rue à un moment où l’autre de la journée, mais leur marmmoneries sont enterrées dans une foule de nouveaux propriétaires, de jeunes professionnels et d’étudiants en quête de loyers encore pas chers.
J’ai comme l’impression que la transition entre quartier vraiment pauvre et nouveau quartier émergent s’est faite de façon très soudaine. Je me demande aussi ce qui advient de la classe pauvre du quartier qui lui fait sa réputation depuis toujours. Ont-ils été évincés de leurs logements par de nouveaux propriétaire ? La situation est-elle restée la même pour eux, seulement ont les voit moins majoritaires à cause des nouveaux venus ? Ont-ils migré vers d’autres quartiers plus abordables ? Leur situation s’est-elle améliorée d’une certaine façon ? Tant de questions qui me viennent en tête quand je marche dans les rues de ce quartier qui a tant connu la pauvreté et qui se métamorphose progressivement.
Dans ces moments-là, je voudrais être sociologue pour comprendre comment se transforme les quartiers d’une ville. J’aimerais surtout comprendre comment les quartiers se polarisent aussi radicalement, car à Montréal, le paysage urbain change de façon étonnante presque à chaque station de métro. Pendant une période, la classe moyenne fuit comme la peste des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve, mais quelques années plus tard elle l’investit en profitant du coût relativement faible des propriétés. À une autre époque, un quartier comme Saint-Michel était très fréquentable et paisible, maintenant une grosse partie de ses citoyens le fuient comme la peste à cause de la montée de la criminalité liée au gangs de rue.
Ça pique vraiment ma curiosité quand je revisite les mêmes quartiers quelques années plus tard. Ça me fait un petit quelque chose de penser que le saoulons qui errait au Dunkin sur Ontario va peut-être un jour se retrouver dans un HLM de Saint-Michel parce que son quartier d’origine est en quelque sorte passé à autre chose que la pauvreté et ne veut plus de lui. J’ai un peu l’impression que c’est comme changer le problème de la pauvreté de place, un peu comme on fini un peu par oublier les ouvriers du Plateau Mont-Royal des romans de Michel Tremblay, en voyant arriver les condos à 400 000 $ qui donnent vue sur la montagne. Derrière l’aisance et l’argent, il y peut-être un peu de notre histoire qui disparaît sans que personne ne s’en rende vraiment compte.
Publié par : David le : octobre 27, 2009
Yooooo les jeunes, c’est quoi le concept derrière les gros chandails de laine avec des motifs et les coupes de cheveux à la Dr Egon Spengler dans Ghostbusters ?
Sérieusement, les Xavier Dolan de ce monde, vos coupe et votre style vestimentaire doivent mourir…
Publié par : David le : octobre 24, 2009
En l’espace de seulement 3 jours, mon estime pour la nouvelle génération de jeunes a pris une sérieuse drop.
À commencer par une charmante soirée au théâtre jeudi soir passé, où j’ai eu le plaisir d’assister à la pièce Beaucoup de bruit pour rien en compagnie de mes compagnons au Théâtre du Nouveau Monde, ainsi qu’avec la quasi-totalité de tous les élèves de la Commission scolaire anglophone de Montréal. On dirait que c’était soir de sortie para-scolaire, semble-t-il.
Et ils ont tous, j’ai bien dit tous, des. ostie. de. cellulaires. Toooooooussssss…
Peut-être n’avaient-ils pas compris le cordial mais très clair avertissement au début de la pièce demandant à tous de FERMER leurs cellulaires, mon très jeune voisin d’en face, ainsi que la gamine assise dans la rangée à ma droite, on passé le clair de la représentation à texter en toute « discrétion ». Mais pour ceux qui ne le savent pas, même la toute petite luminosité d’un écran de portable est affreusement distrayante et pousse à les voisins à éprouver des envies de meurtre. Le sentiment fut d’ailleurs partagé avec mes voisins et leurs «tsk» d’irritation.
J’ai une thèse sur le devenir de l’obsession grave des jeunes pour leurs cellulaires et les potentiels dangers pour notre société.
Si jamais on se se retrouve coincés dans une guerre et que Montréal est bombardée la nuit, avec tous les petits points de lumière créés par les jeunes qui se textent à chaque bout de la ville pour se raconter leurs anecdotes insignifiantes, on est tous foutus parce qu’on va se faire repérer dans les bunkers anti-bombes. « Yo chu trop en train d’me kacher danzun abri LOL MDR !!!!!!!!!!!!!! » FiiiiiiiiiooooouBOOOOUUM…. Fin de la civilisation.
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Vendredi après-midi, bribe de conversation entendue au Couche-Tard du métro Lionel-Groulx de la bouche d’un jeune à l’accent méditerranéen farouche :
« Ouais man, y’a fucking aucune chick qui travaille ici asteur, y’en a juste l’autre qui rentre dès fois le soir, mais elle est fucking laite, c’t'une fucking torche ! ».
Juste, wow. Violent.
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Et finalement, aujourd’hui, au Subway sur Saint-Denis, trois filles dans leurs mid-teens discutent d’une soirée :
« On était au bar avec elle, mais elle était troooop saoûle là, crisse ! À’ fin de la soirée, est venue danser à côté de moi, mais vraiment trop collée, à l’arrêtait pas de s’frotter la plotte su’moi ! »
Cette fois-là, c’était moins intense que le jeune du Couche-Tard. Mais quand même, quelle classe, les enfants.
Bref, la Génération Y (du moins les derniers), attention, je vous écoute (et par conséquent, mes oreilles saignent…).
Publié par : David le : octobre 22, 2009
Je sais que le sujet a été remué souvent dans les médias dernièrement et que ce n’est plus trop d’actualité, mais en relisant une chronique dans un blog et après être tombé sur ce texte de la Presse relatant l’histoire du décès de Nelly Arcan, je constate qu’encore aujourd’hui la couverture médiatique du décès de Nelly Arcan me sidère.
Lu dans un texte de La Presse résumant l’histoire de l’auteure :
« Enfant enjouée, intelligente et extravertie, Isabelle Fortier s’est repliée sur elle-même à l’adolescence, selon René Lavallée, qui a étudié avec elle à la polyvalente Montignac. «Avec le temps, elle est devenue assez noire. Plus ça allait, et plus elle s’effaçait», a-t-il confié. »
Ok. Je me permets de lancer une hypothèse vachement irrévérencieuse : une fille jeune et intelligente ne se retrouve pas du jour au lendemain à se prostituer pour gagner sa vie si elle a vécu une vie saine et équilibrée au départ. Allez-y, lancez-moi les premières pierres, je m’en fous. À l’adolescence, on ne se replie pas sur soi-même pour aucune raison, on ne devient pas « noir » (chez nous on dit dépressif) pour rien non plus. N’importe qui ayant vécu ou ayant eu un proche avec un début de vie tourmenté peut en témoigner.
Le fait que la plupart des médias qui relatent l’histoire de son décès esquivent la question à savoir pourquoi l’auteure était malheureuse au point vouloir s’enlever la vie me vexe sans bon sang. Et dans ce cas, il y a quelque chose de particulièrement gênant, du fait que l’oeuvre de Nelly Arcan relève de l’autofiction et que n’importe qui ayant lu « Putain » ou « Folle » peuvent se faire leur petite idée du pourquoi de la névrose du « personnage ». Allez à la bibliothèque et ouvrez ses livres, bordel.
Je ne suis pas de ces gens qui se satisfont de contempler le « mystère » du malheur des autres. Il y a toujours un rapport cause à effet dans l’histoire des gens qui expliquent, du moins en partie, leur état d’esprit présent. Je ne prétends pas savoir mieux qu’un autre la vérité qui entoure la disparition de l’auteure, mais reste que, un geste suicidaire est un moyen de mettre fin à des souffrances, souffrances qui forcément découlent de quelquechose.
Alors, est-ce qu’on se rend service à traiter la mort d’une brillante auteure en racontant son histoire comme un simple téléroman, avec des personnages et de situations de fond, comme un divertissement comme un autre ? Je comprends bien qu’on épargne le pillage de l’univers intime d’une célébrité à sa mort à son entourage, mais dans le cas d’un auteure d’oeuvre d’autofiction, c’est, comme je l’avais déjà mentionné, un peu comme un secret de polichinelle, car il est assez difficile de faire semblant qu’il n’y a aucune trace du passé avec 4 romans déjà publiés.
Et tant qu’à moi, ça n’a rien à voir avec le simple fait que les médias se gardent bien de tomber dans une quelconque indécence en exposant des vies exposées au grand jour, comme on le fait si gratuitement chez la famille du David Fortin ou de la petite Cédrika Provencher. Tout ça pour me retrouver face à face avec une couverture médiatique d’une mort qui suinte un relent d’hypocrisie, comme trop souvent on le remarque dans le traitement médiatique des gens qui se suicident et qui mystérieusement, n’ont plus de passé, plus d’entourage, plus de secrets, plus d’histoire.
Et on passe au suivant, et on continue de se demander pourquoi les malheureux continuent à se suicider, sans vraiment chercher à savoir comment on peut les aider à s’accrocher à la vie malgré leur passé, leur histoire. On préfère croire qu’ils sont juste fous, ou « Folle », comme Nelly Arcan.
Et c’est ça, au fond, qui m’écoeure, qui m’enrage.
Publié par : David le : octobre 21, 2009
Ça a beau avoir le potentiel de sauver des arbres, ça a beau venir dans des modèles de plus en plus cute, mais…
…there’s no fucking way que je vais lire mes livres sous format électronique un jour… J’ai une aversion innée à tout ce qui peut potentiellement ressembler à une calculatrice, et puis je les aime mes vieux livres en papier.
