Eat me so tenderly mai 6, 2008
Posted by David in Hallucinations, Tsé la vie là....trackback
Ok les amis, c’est officiel, je mange mes émotions comme une baleine qui gobe des bancs de krill.
C’est grave là. Je suis en train de me rendre compte que des émotions, j’en vis à genre chaque seconde de ma vie, donc je suis porté sur la chose 24 heures par jour.
Ce que je viens de dire semble être une évidence, et pourtant, on dirait que je suis le dernier qui vient de l’apprendre (j’étais probablement trop occupé à manger pour y penser).
C’est complètement fou. Je ne m’en apercevait pas avant (voir raison mentionnée çi-haut). Mais maintenant, je me rends compte que dès qu’il y a des perturbations dans mon rythme quotidien, il me prend soudainement l’envie de dévorer un sac de biscuit avant même d’avoir le temps de crier “émotif”. Et dire que je suis entouré de 3 dépanneurs sur ma rue. Je me sens comme un junkie qui a besoin d’avoir sa dose au plus vite.
Je suis allé consulter une nutritionniste l’année passée, pour régler un petit problème en particulier, sans toutefois avoir la perte de poids comme objectif ultime. Le truc qu’elle m’a donné est très con, super simple, et pourtant ça marche à tous les coups : quand tu manges, tu ne fais rien d’autre que manger ou parler en mangeant (de préférence, avec quelqu’un). Et c’est vrai, trop vrai que la majeur partie du temps, quand je bouffe, c’est soit en regardant la télé, soit devant mon ordinateur, soit en lisant un truc, etc.
Ça peut-être l’air évident de même, mais je vous jure que c’est plus tof que ça en a l’air, surtout quand t’as 24 ans de très mauvaises habitudes alimentaires à désapprendre.
Au début, j’ai constaté que j’ai très peu d’aptitudes culinaires, ce qui fait que je me retrouve la plupart du temps avec des plats copieux et en général assez rustiques (riz et poitrine de poulet, quelqu’un?). La tentation de feuilleter une revue pour faire passer le mauvais moment est difficile à résister. Résultat : je vais être obligé d’apprendre à bien cuisiner pour survivre. Moi qui a de la misère à me beurrer une toast…
Parmi les sages conseils qu’elle a su me prodiguer, ma nutritionniste m’a surtout strictement interdit de m’imposer tout type de régime ou de privation volontaire. “Parce que manger, c’est pas comme la cigarette ou la drogue. T’as besoin de manger pour vivre, pis on est toujours ben pas pour s’empêcher de vivre pour rentrer dans des nouveaux jeans!”. Elle avait un franc parlé assez rafraîchissant, cette femme. Elle semblait surtout se mettre dans tous ses états à la mention des ravages que l’industrie alimentaire fait chez les gens.
Et au risque de me mettre à dos les Weight Watchers de ce monde, c’est trop vrai ce qu’elle dit. Y’a vraiment pas de solution miracle. Plus jeune je voyais ma mère gonfler et dessoufler régime après régime, en constatant bien que ça ne fonctionnait pas. Ce serait prétentieux de ma part d’affirmer que je suis en paix avec mon poids, mais je peux au moins dire que j’assumais mes gestes, du moins jusqu’à ce que ça me rende malade. Et c’est justement pourquoi je vais probablement aller m’acheter “la cuisine pour les nuls” dans bientôt pour apprendre à faire bouillir de l’eau sur le poêle.
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