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Le goût du partage mai 14, 2008

Posted by David in Hallucinations.
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Lorsque je cohabitais encore avec Bruno, j’allais faire mon lavage à la buanderie du coin, sur Maisonneuve et Amherst. Notre laveuse à nous avait rendu l’âme je ne sais pourquoi.

Cette buanderie a de particulier qu’elle est runnée, en bon français, presque uniquement par des lesbiennes. Aucun rapport avec le fait qu’on est situé à la frontière du Village, voyons.

Elles étaient particulières, ces demoiselles.

On leur a donné des surnoms selon leur quart de travail. Il y a la lesbienne de jour et de soir.

La lesbienne de soir est très féminine. Par son habillement, on peut dire qu’elle ressemblait à une soccer mom. Mais dès qu’elle ouvre la bouche, sauve qui peut ! Car tout le monde connait le dicton, shape de déesse, coeur de truckeuse.

La lesbienne de jour est rondelette et légèrement plus butch que sa consoeur de soir. Elle est aussi un peu plus, comment dire, simplette, bien que fort sympathique.

Un jour, je fais mon lavage hebdomadaire. Tranquille dans mon coin, je lis une revue passé date, et en lisant un article sur les déboires d’Éric Lapointe, j’aperçois tout à coup le visage rondelet de LdeJ qui s’approche de moi, en me fixant droit dans les yeux.

“Tu veux tu le bout qui me reste. C’est au peperonni-fromage” me dit-elle en me montrant une pointe de pizza à moitié mangée dans une assiette blanche en carton.

“Euh, merci mais non merci, j’ai pas faim”.

“T’es sûr ? Ça serait dommage de le perdre. T’es sûr que t’en veux pas ? C’est bon, c’est au peperonni-fromage !”

“Non vraiment, sans façons, je n’ai vraiment pas très faim”.

Et sur ce, elle est repartie, sans doute pour offrir son restant de lunch à quelqu’un qui en aurait véritablement besoin. Car à restant de repas donné, on regarde pas l’individu suspect qui l’offre.

Où sont passées mes manières ?…

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