Quand on peut halluciner à plusieurs…

Secret de polichinelle

Publié par : David le : septembre 25, 2009

Lu dans un article de Radio-Canada sur la récente nouvelle du décès de l’écrivaine Nelly Arcan :

«tout le monde est dévasté par cette nouvelle là. C’était une femme intelligente qui avait un talent fou… c’est incompréhensible, on se demande pourquoi. » – Michel Vézina, éditeur en chef, Coups de tête. Source

On se demande pourquoi ?

Pourtant, c’est écrit assez clairement écrit dans toutes les pages de Putain, psychanalyse autofictive de l’auteur.

(parlant de l’angoisse d’un jour être abandonnée par l’être aimé)

[...] et ce jour-là le vide qui m’habite grandirait démesurément, un dernier coup porté au néant qui éclaterait enfin, trouvant une issue et s’étendant aussi loin que possible, jusqu’aux limites de ce monde duquel je me suis toujours exilée, volontairement ou presque, n’y ayant jamais été appelée ou si peu [...]

Et voilà, vous l’avez votre réponse.

Personnellement, j’ai eu du mal à lire Arcan lorsque je suis tombé sur son premier roman. C’est en partie parce que, sachant que cette oeuvre tient de l’autofiction, je ressentais un certain malaise devant le témoignage à la limite de l’impudique du véritable mal de vivre du personnage. Mais en tant que lecteur, on n’est qu’un spectacle livré par intention ou non par l’écrivain.

C’est ça le problème avec l’autofiction : on ne sait plus trop ce qui est réel et ce qui est créé de toutes pièces. On ne pourra que conclure que le malheur de Nelly Arcand, lui, était bien trop réel.


3 réponses vers "Secret de polichinelle"

Le suicide, un drame qui est très difficile à prévenir quand la personne a décidé d’en finir avec la vie…

Bien sûr, je ne prétends pas savoir exactement pourquoi l’écrivaine s’est enlevé la vie, mais disons qu’avec son matériel littéraire, on peut se poser plusieurs questions sur qui elle était vraiment et ce qu’elle a vécu, comme pour n’importe qui. À mon avis, réduire le comportement des personnes suicidaires à une «mauvaise passe», ce n’est pas faire justice à leur caractère humain.

Attendez-vous à une hausse de popularité des romans de Nelly! La mort d’un ‘artiste’ rends toujours leurs matériel plus intéressant. Honte sur moi, je n’avais jamais entendu parlé d’elle avant son suicide. Et pour couronner le tout, je vais (tenter) de lire au moins un de ses romans.

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