La vie au ralenti juin 12, 2008
Posted by David in Humeurs de saison, Philosophons, Potins de bureau, Uncategorized.add a comment
Je travaille habituellement les fins de semaines. Comme la plupart des autres employés du samedi et dimanche sont des étudiants à temps partiel, on a fini par se rapprocher pour former une petite clique vraiment sympa. Entre les appels, nos activités principales consistent entre autres à 1) chiâler à propos de l’université ; 2) chiâler à propos du travail ; 3) Déconner à propos de tout et de rien. Bref, on a ben du fonne quand on travaille ensemble.
Désormais, je travaille beaucoup plus de semaine comme j’ai terminé mes études, et je languis au bout d’un long point d’interrogation en attendant de me faire une vraie vie. Et ces temps-çi, je constate surtout que le travail de semaine, c’est comme une autre planète, une autre ordre social. Un ordre social ennuyeux et banal.
Autour de moi, mes collègues discutent de sujets palpitants tels que le beau temps qu’il fait, ou le temps horrible qu’il a déjà fait, ils râlent pour la millionième fois contre tels clients (bordel, ça arrive au moins une fois par heure un appel désagréable, C’EST BEAU ON LE SAIT QUE T’ES FRUSTRÉ !), ils parlent des émissions qu’ils écoutent et certains vont même jusqu’à pousser la camaraderie en parlant de leurs histoires de cœur.
J’y peux rien. Quand mon voisin ouvre la bouche pour me parler, je ne peux faire autrement qu’imaginer le mot ”DULL” étampé dans le front.
Un gars se met à raconter une anecdote sur un ton qui laisse entendre qu’il s’agit de l’affaire du siècle. En fait, ce n’est que la énième fois qu’il s’extasie devant la bêtise d’un tel client, sous les regards et l’approbation de ses voisins. Pendant ce temps, des enfants meurent de faim en Afrique, la Terre crame sous l’effet de serre et j’ai toujours pas trouvé de partenaire de vie.
Mais TOUT le monde dans le département semble carburer à ce rythme neurasthénique. On se croirait dans un film de zombie à la George Romero où tous fonctionnent au ralenti. Quand ma voisine m’explique les détails de son nouveau régime j’ai envie de partir au beau milieu de notre (sa) conversation pour aller me chercher un café, comme si elle n’était pas là. Quand une autre se met à jaser, je me dis que ça se peut donc pas être aussi jouissif de changer la marque de nourriture pour chat comme elle me le raconte. Où puisent-ils leur passion pour ces minuscules détails de la vie ?
Vivement un peu d’action dans ce bureau. Et encore là, même lorsque le comité d’activités décore la place à l’occasion de fêtes comme Halloween ou Noël, il semble que l’anodin reste toujours aussi solidement ancré dans le cœur des gens ici.
Peut-être est-ce le ”BIIIIP” de chaque appel qui empêche les employés d’engager des conversations profondes et intéressantes, ce qui les force à se concentrer uniquement sur le futile et l’éphémère. Ou c’est peut-être moi qui est juste bête et prétentieux devant la routine du train-train quotidien.
Je vais peut-être bientôt devenir l’un d’eux. En passant, y fait beau aujourd’hui, vous trouvez-pas ? Ça me donne presque le goût d’essayer ce nouveau régime…
Le mal du siècle mars 3, 2008
Posted by David in Humeurs de saison, Insignifianteries.add a comment
… j’ai nommé l’hétérosexualité.
L’autre jour, j’entre dans un café et j’aperçois un superbe spécimen d’homo erectus assis en train de lire son journal. Il a le teint foncé, des sourcils broussailleux, bref, la virilité émane de ses pores et chatouille mes sens. Ou-la-la.
Je m’installe en face de lui, histoire de me trouver stratégiquement dans son champ de vision. Mais horreur, ne voilà tu pas qu’un autre type d’homo sapien, muni de curieuses protubérances à la hauteur de la poitrine, et qui est franchement dénuée de pilosité faciale, rejoint le potentiel homme de ma vie et lui étampe un bisou sur la joue droite.
Plouc ! (Ça c’est le bruit que ça fait lorsque mes espoirs viennent de tomber à l’eau…)
Semblerait-il que la place est déjà prise par un-E charmante demoiselle…
Je comprends pas.
Messemble que si la nature était bien faite, les hommes viendraient tous au monde bisexuel. Parce que quand il y a assez pour un, il y en a assez pour deux aussi.
Non mais c’est vrai, pensez-y une seconde. Un homme hétérosexuel célibataire ne trouve peut-être pas de partenaire parce qu’il n’y a peut-être pas de femelle alpha disponible dans les parages. Mais il y a aussi nous autres les hommes, et on peut très bien faire la job ( ! ) aussi ! Pourquoi se limiter à de la tarte lorsqu’il y a aussi du gâteau ?
Des avantages, il y en a tellement : Aucune période de menstruation, aucun risque de tomber enceinte, partage du rasoir et de la crème à barbe, possibilité d’avoir un urinoir dans la salle de bain, économie sur les vêtements car partage possible, absence de ménopause et j’en passe.
Et puis, ce n’est pas parce que j’ai beaucoup de pilosité, que j’ai une barbe, un pénis entre les deux jambes et la voix grave que ça fait de moi un être dénué de féminité ! Si vous me voyiez brailler en lisant un roman d’amour ou faiblir devant la perspective d’un quelconque travail manuel, vous verriez, messieurs! Entre ça et une vraie femme, aucune différence perceptible à l’oeil nu…
Alors, c’est quoi le problème ?
Et derrière la partenaire de mon (ex) objet de convoitise, une petite fille de 3 ans titubait en criant « Papaaaaa ! » .
En plein ce qu’il fallait pour m’achever…
Démission cérébrale février 13, 2008
Posted by David in Humeurs de saison, Insignifianteries.add a comment
Montréal, le 13 février 2008
Monsieur Àqui Dedroit,
Par la présente, je vous confirme que je quitterai définitivement mon emploi de cerveau à votre corps bien portant, le 27 février 2008.
Je tiens à vous remercier de la confiance que vous m’avez témoignée et à vous dire la satisfaction que j’ai éprouvée à travailler sous votre direction. Malheureusement, ces derniers temps, j’ai l’impression que mon aide n’est plus sollicitée, et que je suis devenu un fardeau pour votre organisme. À mesure que le temps passe, je constate que je suis d’une inutilité flagrante pour le niveau de difficulté de votre quotidien. C’est pourquoi je souhaite relever de nouveaux défis, peut-être en donnant la chance à un étudiant au collégial de réussir ses tests de français, où de faire dons des mes quelques neurones restantes à un organisme qui est réellement dans le besoin. Ce sera probablement chez un être de sexe masculin, vu la demande ces temps-çi…
Veuillez agréer, Monsieur Àqui Dedroit, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Votre (ex) cerveau
Entre victime et martyr février 5, 2008
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Les publicités de la Fondation des maladies mentales du Québec ont fait beaucoup de vagues dernièrement. Chez moi, elles provoquent des remous, mais pour des raisons différentes.
Ces pubs mettent principalement l’accent sur le fait que les proches des personnes atteintes de ces maux sont les victimes d’un cruel destin, tout comme la personne concernée. Dans cette optique, une personne atteinte de dépression est dans un état comparable à une autre dont le corps est complètement brisé et dont la solidarité des proches est sollicitée. Toutefois, je trouve que ce parallèle est bien maladroit, vu la nature délicate et complexe des maladies mentales.
Je m’explique : Quelqu’un qui s’est fendu les deux jambes, un bras et une oreille et qui se trouve enchaîné à un lit d’hopital, c’est certes triste pour ses proches, mais ceux-ci ne vont pas s’arrêter de profiter de leur corps en conséquence. Hors, la maladie mentale, ça ne fait pas juste qu’attirer la pitié, c’est pas mal plus dévastateur qu’un tibia fracturé pour l’entourage de la victime. Ça fout totalement en l’air les relations personnelles, et un adulte censé être responsable peut complètement ravager la vie de ses proches, s’il n’y a pas d’encadrement adéquat. Les sphères sociales et institutionnelles se croisent alors de façon, pour la plupart du temps, totalement inefficace pour les victimes et surtout, pour les proches des victimes.
J’ai moi-même été confronté à cette réalité qu’est la maladie mentale. Mais le mythe, que colportent maladroitement et dangereusement les publicités de l’AMMQ, que les personnes souffrant de ces maux sont tous des adultes responsables vivant dans une bonne petite famille, dans le meilleur des mondes, est selon moi un grosse bullshit. Ce n’est pas parce qu’on tombe malade qu’on devient un saint, et il faut faire la part des choses entre responsabilité et dépendabilité. Une personne atteinte de maladie mentale en situation de pouvoir peut réellement faire des ravages dans la vie de ses proches. Mais qu’on vienne balayer de la main ces torts, en mettant sur le dos de la maladie mentale, c’est faire les coins ronds et dire au victimes de ces victimes qu’ils devraient cesser de se plaindre, et tendre la joue gauche pour la énième fois. Ça, ça me met vraiment en beau maudit, parce qu’on avance l’hypothèse que d’abandonner une personne malade, toutes maladies confondues, c’est de la lâcheté.
Hors, s’il y a ici quelqu’un qui se porte volontaire pour être martyr toute sa vie, qu’il lève la main ou assume son statut de beau sans-coeur pour les siècles de siècles. Amen.
Je fais de la projection, et j’en suis conscient. Reste que, quand je vois passer une de ces publicités, je ne peux m’empêcher d’appréhender le regard accusateur de quelqu’un en lui apprenant que j’ai coupé les ponts avec un proche atteint d’une maladie mentale. « Ben là, il existe des ressources, t’es ben sans-coeur ! ». Certes, des ressources il y en a, mais de convaincre une personne atteinte de maladie mentale de se soigner, c’est loin d’être aussi simple que d’enfoncer une cuillère de sirop dans la bouche d’une bébé de 11 mois. Et il y a des gens qui ne veulent pas se soigner, car elles considèrent qu’elles ne sont pas malade. Comme je l’ai mentionné, les maladies mentales, c’est quelque chose de très complexe.
S’occuper d’une personne atteinte d’une maladie mentale grave reste un choix, que l’on prend en fonction de ses forces individuelles. Ce n’est pas tout le monde qui peut en prendre autant sur ses épaules. La maladie mentale, ce n’est pas qu’une simple maladie dégénérative ou une déficience, c’est tellement plus complexe que c’est salement bête de la balancer dans le même panier de la maladie at large. Il est important de faire la distinction entre les types de maladies et les préjugés qui en découlent. Une persone qui tombe en dépression est totalement différente d’une personne qui subit une psychose ou qui devient bipolaire ou schizophrène.
Alors, quand trancher la ligne entre bipolarité et violence conjugage ? Comment distinguer un esprit marginal et borné de la maladie chez une personne schizotypique ? Qu’en est-il de la mauvaise fois et de la dépression? Rien n’est noir sur blanc dans la vie, chaque cas est différent, mais surtout, chaque individu est libre de sa personne, même quand les causes qui compliquent ses relations sont de nature comme telles. Les publicités de l’AMM pointe du doigt l’ignorance des gens sans toutefois insister assez sur l’accessibilité de l’information sur les maladies mentales.
Je ne dis pas là qu’il faut immédiatement balancer nos proches malades aux oubliettes. Mais si une femme décide de quitter son conjoint bipolaire, il serait extrêmement dangereux d’y voir là un signe de faiblesse et de lâcheté. La généralisation est une tendance aussi néfaste que la négation des problèmes des gens avec aux prises avec des problèmes de santé mentale. Et porter un regard empreint de pitié, et seulement de pitié, même si c’est pour remplacer celui remplis de mépris, c’est un peu comme offrir une gifle à la place d’une baffe à la personne concernée. C’est moins violent, mais ça fait mal pareil.
Aujourd’hui est une belle journée pour déprimer janvier 2, 2008
Posted by David in Humeurs de saison, Insignifianteries.add a comment
Le temps des … Fêtes (Grrr… j’ai perdu) a toujours eu sur moi l’effet d’un rouleau compresseur qui fait ressortir à peu près tous les mauvais souvenirs et les pensées sombres que j’ai pu vivre durant cette période bénie. J’ai beau me pèter la face au vin rouge et à coup de tarte au sucre, il y a toujours cette espèce de nuage gris qui me suit à chaque pas. Damn you, Jebus.
La bonne nouvelle, c’est que c’est déjà fini. Yesssss.
Si je l’ignore, peut-être qu’il finira par s’en aller décembre 22, 2007
Posted by David in Humeurs de saison.1 comment so far
Et merde. Il est de retour.
Dans quatre jours il va me tomber dessus. Il n’en a pas eu assez l’année passée et il va remettre ça encore. Yé.
Cette Fête-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom n’a pas été conçue pour les familles dysfonctionnelles comme celle d’où je viens. L’année passée, le réveillon familial a été annulé pour cause de querelle de matantes. J’en ai soupé de ce temps où il faut revêtir nos plus beaux sourires hypocrites et faire semblant d’enterrer la hache de guerre le temps d’une dinde.
C’est certainement pas très naturel par chez nous de rassembler la grande famille au complet, alors que 364 jours par années, la plupart des mes oncles et tantes ne s’endurent pas. Vous pouvez vous imaginer les beaux party que ça peut faire, sueurs froides comprises.
Et puis, voulez-vous bien me dire où elle est rendue la magie de Vous-savez-quoi?
Je suis allé faire un tour au Centre-Ville cet après-midi. Pour être franç, l’ambiance festive, je l’ai pas tellement sentie. Les clients ne se regardent même pas dans les yeux. On se marche sur les pieds tellement il y a trop de monde. Les gens cherchent, cherchent des objets à offrir, des objets qu’ils sont obligés d’offrir pour ne pas passer pour des sans-coeurs, en cette époque où le crédit est plus accessible que jamais. Au nombre de demandes d’augmentation de limite de crédit que je me tape chaque semaine, je sais de quoi je parle.
J’ai compris il y a quelques années que le meilleur moyen d’éviter le martèlement de la féérie du temps des ????, c’était de fermer la télé et d’éviter les foules. Curieusement, lorsqu’on fait taire les petites voix aguichantes de la boîte grise, c’est le calme plat.
Mais que de pessimiiiiiiiisme! Quelle honte de ne pas devenir subitement heureux en cette période! Y’avait qu’à naître dans une famille normale, comme tout le monde, voyons donc!
Dans le fond, tout ce que je voudrais, c’est que le boeuf et l’âne viennent me réchauffer dans mon appart sibérien. Je serais probablement moins grognon…