Undercover bisexual juin 27, 2008
Posted by David in Philosophons.add a comment
Je suis un bisexuel sous déguisement de gai. Comme je me suis tout récemment avoué cette réalité (ne me demandez pas le cheminement qui m’a mené à ça, même moi j’en suis encore tout flabbergasté). Comme j’ai fait mon coming-out il y a plusieurs années, c’est maintenant devenu un fait établi pour tous ceux qui me connaissent bien que je suis attiré vers les gars. Trop même.
Parce que, comme une amie me disait tout récemment «Oui mais David, t’es tellement GAI !!!». Bah oui, ça et pleins d’autres choses aussi. C’est pas ça qu’elles veulent justement, un homme qui va leur faire des compliments sur leur linge, leur coupe de cheveux, pointer les beaux becs qui passent dans la rue tout en jetant un coup d’oeil furtif sur leur poitrine ?
À mon boulot j’ai comme trop mis l’emphase sur ma fefitude. Autour de moi j’ai l’impression que les filles se laissent aller plus facilement à leurs sentiments et leurs émotions en pensant que je suis «l’une d’elles». Comment je fais maintenant pour leur annoncer sans faire de flaflas qu’il y avait effectivement un espion dans la salle ?
Le pire dans tout ça, c’est que à mon nouveau logement, je partage les lieux avec une fille et son chum qui lui semble très jaloux de sa dame, un grand gaillard dans la construction à l’air territorial. Quand on s’est rencontré, il m’a justement mentionné que « ça me stressait de savoir qu’un gars allait venir rester ici, mais quand a’ ma dit que t’étais gai, j’étais rassuré, autrement, j’étais pas d’accord ».
Gulp. Vais-je être obligé de vivre mon « hétérosexualité » dans le placard ?
Quand on peut déprimer à plusieurs… juin 19, 2008
Posted by David in Philosophons, Tsé la vie là....add a comment
En me relisant, c’est fou à quel point que je constate que je suis d’un pessimisme déconcertant dans mes billets.
Qu’est-ce que vous voulez, ces temps-çi je traverse une période de transition assez mouvementée et je n’en finis plus de stresser sur mon sort. L’avenir est plus qu’incertain et parfois j’ai l’impression que si je continue sur cette lancée, je vais me retrouver dans la rue, les cheveux gris qui m’auront poussé avec des sacs en plastique d’épicerie en guise de souliers. Et je vais hurler après les passants des choses incompréhensibles et dormir dans le métro. Et probablement rôder dans les alentours de la rue Saint-André aussi.
D’habitude, j’essaie de rire des déboires de ma vie. Mais plus ça va et plus j’ai l’impression que ma vie est un déboire 24/24, et je dois certainement y être pour quelque chose. J’ai vraiment dû faire quelque chose d’effroyable dans une autre vie, être mangeur de bébé genre, pour avoir l’existence que je mène ces jours-çi.
C’est peut-être parce que je ne fais que remarquer les choses négatives qui m’arrivent, et que tout le positif de mon quotidien (voire, rester en vie jusqu’à la journée suivante) passent dans le beurre.
Pensée du jour juin 16, 2008
Posted by David in Philosophons.add a comment
L’interprétation, c’est une belle alternative à la communication.
C’est trop inzuste… juin 15, 2008
Posted by David in Philosophons, Spleen.add a comment
comme dirait Caliméro.
Je pense que l’un des plus grands mensonges que j’ai appris en vieillissant a été de croire que je peux lutter contre les petites violences du quotidien.
On m’a enseigné qu’il y a une justice implacable en ce monde, que chaque tort est réparé, à défaut d’être prévenu. Mais ce n’est vraiment qu’une question de temps avant de comprendre que la justice est véritablement aveugle, surtout s’il n’y a personne d’assez puissant pour l’appliquer.
Comment ne pas en venir à ce constat après toutes ces épreuves, et pas seulement les miennes mais celles des autres aussi ?
- Mon propriétaire néglige gravement son logement et en compensation, la Régie du logement ne m’offre autre compensation que des miettes ;
- Au travail, une conseillère subit des insultes racistes, et ne peut rien y faire puisque les mots blessants sont déjà passés, et le client aggressif a un portefeuille très garni ;
- Mon ancien coloc se pousse sur un coup de tête sans me prévenir, et un mois plus tard, m’envoie un texto au beau milieu de la nuit où on peut lire « tapette » ;
- Mon autre coloc se fait bousculer brutalement dans un nightclub hétéro, car un client ne tolère pas qu’il danse collé avec son chum, en plus de lui crier des insultes. Le bouncer, qui assiste à la scène, ne bronche même pas ;
- 10 ans après son avortement « maison » de la part de son ex-conjoint (lire un coup de poing en plein ventre), une amie n’a toujours pas oublié les blessures de sa perte, ne pouvant en parler à sa famille de peur que son père la répudie si elle lui avouait son ”erreur”, alors qu’elle n’était qu’une adolescente.
Et j’en passe…
J’aurais aimé apprendre plus tôt que ces petites violences font partie de la vie, pour mieux me préparer à y faire face. J’aurais aimé savoir que la bêtise est probablement un des points les plus communs de l’Homme, pour que ma naïveté ne me rende pas aveugle, comme la justice.
Je pense que je suis blasé aujourd’hui…
My life sucks, facque exploitez-moi juin 12, 2008
Posted by David in Philosophons, Tsé la vie là....add a comment
Ma voisine de bureau veut mon bien.
Aujourd’hui, pris d’un léger down au travail, j’ai écris dans la section “Que faites-vous en ce moment ?” “David’s life sucks” sur Facebook.
Quelques temps plus tard, ma collègue assise à ma droite, appelons-là Sandrine, me demande si ça va.
Sandrine :”Onnnnn, comment ça, life sucks ? Qu’est-ce qui va pas là ?”
David : “Ah, rien de grave, je suis pas d’humeur aujourd’hui.”
Sandrine : “Come on David, si tu dis que ta vis est poche, ben c’est ça qui va se passer pour vrai ! Il faut que tu penses positif ! Même si tout va mal pis que tu te sens déprimé, à force de te répéter que tout va bien et que tu es heureux, tu vas finir par le devenir !”.
“D’ailleurs, j’ai le dvd de The Secret à la maison, veux-tu que je te l’apporte demain ?.”
David : “Euh, non merci. Je pense que ma vie suçe suffisamment déjà assez comme ça merci…”
Sandrine : “Aaah, come on ! Ça marche vraiment ! Il faut pas avoir de pensées négatives comme ça !”
Ben non hein, il faut surtout pas déprimer quand ça va mal, s’en faire quand l’avion dans lequel on vole va s’écraser, ou s’énarver si y’a un taureau cornu qui me fonce dessus dans une corrida.
Cré Sandrine. Ma collègue de travail si douce et gentille, mais si naïve. Le genre de personne qui veut votre bien et qui va vous proposer toutes les suggestions lancées dans à peu près tous les talk-show américains de l’heure, même si ça implique d’en rajouter une couche sur le bobo.
Mais coudonc, elle m’a tout de même soutiré un sourire par sa proposition inusitée. Mission à moitié accomplie, merci Sandrine.
La vie au ralenti juin 12, 2008
Posted by David in Humeurs de saison, Philosophons, Potins de bureau, Uncategorized.add a comment
Je travaille habituellement les fins de semaines. Comme la plupart des autres employés du samedi et dimanche sont des étudiants à temps partiel, on a fini par se rapprocher pour former une petite clique vraiment sympa. Entre les appels, nos activités principales consistent entre autres à 1) chiâler à propos de l’université ; 2) chiâler à propos du travail ; 3) Déconner à propos de tout et de rien. Bref, on a ben du fonne quand on travaille ensemble.
Désormais, je travaille beaucoup plus de semaine comme j’ai terminé mes études, et je languis au bout d’un long point d’interrogation en attendant de me faire une vraie vie. Et ces temps-çi, je constate surtout que le travail de semaine, c’est comme une autre planète, une autre ordre social. Un ordre social ennuyeux et banal.
Autour de moi, mes collègues discutent de sujets palpitants tels que le beau temps qu’il fait, ou le temps horrible qu’il a déjà fait, ils râlent pour la millionième fois contre tels clients (bordel, ça arrive au moins une fois par heure un appel désagréable, C’EST BEAU ON LE SAIT QUE T’ES FRUSTRÉ !), ils parlent des émissions qu’ils écoutent et certains vont même jusqu’à pousser la camaraderie en parlant de leurs histoires de cœur.
J’y peux rien. Quand mon voisin ouvre la bouche pour me parler, je ne peux faire autrement qu’imaginer le mot ”DULL” étampé dans le front.
Un gars se met à raconter une anecdote sur un ton qui laisse entendre qu’il s’agit de l’affaire du siècle. En fait, ce n’est que la énième fois qu’il s’extasie devant la bêtise d’un tel client, sous les regards et l’approbation de ses voisins. Pendant ce temps, des enfants meurent de faim en Afrique, la Terre crame sous l’effet de serre et j’ai toujours pas trouvé de partenaire de vie.
Mais TOUT le monde dans le département semble carburer à ce rythme neurasthénique. On se croirait dans un film de zombie à la George Romero où tous fonctionnent au ralenti. Quand ma voisine m’explique les détails de son nouveau régime j’ai envie de partir au beau milieu de notre (sa) conversation pour aller me chercher un café, comme si elle n’était pas là. Quand une autre se met à jaser, je me dis que ça se peut donc pas être aussi jouissif de changer la marque de nourriture pour chat comme elle me le raconte. Où puisent-ils leur passion pour ces minuscules détails de la vie ?
Vivement un peu d’action dans ce bureau. Et encore là, même lorsque le comité d’activités décore la place à l’occasion de fêtes comme Halloween ou Noël, il semble que l’anodin reste toujours aussi solidement ancré dans le cœur des gens ici.
Peut-être est-ce le ”BIIIIP” de chaque appel qui empêche les employés d’engager des conversations profondes et intéressantes, ce qui les force à se concentrer uniquement sur le futile et l’éphémère. Ou c’est peut-être moi qui est juste bête et prétentieux devant la routine du train-train quotidien.
Je vais peut-être bientôt devenir l’un d’eux. En passant, y fait beau aujourd’hui, vous trouvez-pas ? Ça me donne presque le goût d’essayer ce nouveau régime…
avril 13, 2008
Posted by David in Philosophons.Tags: censure, forums
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C’est tu moi, où les gens qui laissent des commentaires sur les vidéos de Youtube ont en moyenne 2 de quotient?
Depuis que je consulte ce site, les commentaires semblent tous être pris hors de leur contexte. Soit les gens ont tout simplement pas rapport, soit le monde écrivent des conneries, soient ils insultent des gens de façon très personnelle (surtout des vedettes).
Je viens juste de visionner une vieille vidéo de Claude Poirier qui envoie chier Marie-France Bazzo à sa ligne ouverte à TVA (comment se fait-il que j’aille raté cet incident là, moi qui était un des 30 000 téléspectateurs de Bazzo.tv! Scandale!). On peut constater dans les commentaires les pluies d’insultes des pro-Bazzo pro-Poirier. «Trash» serait le terme des plus exacts ici. C’est le genre de truc qui arrivait aussi à Patrick Lagacé, avant qu’il ne filtre les commentaires.
Tout ce dont j’arrive à penser, c’est merde que ça fait dur. Internet donne la chance à des millions de gens, des gens ordinaires comme vous et moi, d’avoir leur mot à dire, et tout ce que certains arrivent à faire, c’est te lâcher un «CRISSE DE GROS CON, FARME LA DONC TA YEULE!!!» dès que pour une raison X ils sont vexés par les propos d’un parfait inconnu sur la toile.
Quelqu’un devrait créer un forum destiné juste aux internautes passifs-aggressifs, où ils pourront déverser tout leur fiel entre eux autres (et ainsi de foutre la paix à ceux qui ont quelque chose de pertinent à dire). Tsé genre, un espèce de Fight Club du net.
Pendant que les rustres s’entretueront à coup de barre de fer, nous irons allègrement prendre le thé dans les prés…
Que c’est donc vrai mars 21, 2008
Posted by David in Philosophons.1 comment so far
La citation du jour :
“Dans la vie, il faut mettre ses culottes, parce qu’en bobettes, y fait frette…”
Une gracieuseté de Maryse, la plus poète des bleuets du Lac Saint-Jean.
Culture littéraire, la suite mars 11, 2008
Posted by David in Philosophons.add a comment
Maria Chapdelaine, c’est long.
C’est comme Madame Bovary, mais en plus court, en moins bien écrit, et dans un contexte du Québec de la vieille époque, avec d’la neige, des forêts de conifères, de la résignation et un semblant d’histoire d’amour. Pis y’a des Améridiens aussi.
Je suis rendu au deux tiers du livre mais mon instinct de survie me conjure de garrocher le bouquin hors de ma vue et de faire quelque chose. Je suis décidément pas un nostalgique de la présumée belle époque.
Il y a vraiment de ces histoires qui assassinent mes neurones à coup d’ennui. D’ailleur on dit que Mme Bovary ne s’est même pas survécue à elle-même, la pauvre.
Oh well.
Entre victime et martyr février 5, 2008
Posted by David in Défoulement des goûts, Humeurs de saison, Philosophons.add a comment
Les publicités de la Fondation des maladies mentales du Québec ont fait beaucoup de vagues dernièrement. Chez moi, elles provoquent des remous, mais pour des raisons différentes.
Ces pubs mettent principalement l’accent sur le fait que les proches des personnes atteintes de ces maux sont les victimes d’un cruel destin, tout comme la personne concernée. Dans cette optique, une personne atteinte de dépression est dans un état comparable à une autre dont le corps est complètement brisé et dont la solidarité des proches est sollicitée. Toutefois, je trouve que ce parallèle est bien maladroit, vu la nature délicate et complexe des maladies mentales.
Je m’explique : Quelqu’un qui s’est fendu les deux jambes, un bras et une oreille et qui se trouve enchaîné à un lit d’hopital, c’est certes triste pour ses proches, mais ceux-ci ne vont pas s’arrêter de profiter de leur corps en conséquence. Hors, la maladie mentale, ça ne fait pas juste qu’attirer la pitié, c’est pas mal plus dévastateur qu’un tibia fracturé pour l’entourage de la victime. Ça fout totalement en l’air les relations personnelles, et un adulte censé être responsable peut complètement ravager la vie de ses proches, s’il n’y a pas d’encadrement adéquat. Les sphères sociales et institutionnelles se croisent alors de façon, pour la plupart du temps, totalement inefficace pour les victimes et surtout, pour les proches des victimes.
J’ai moi-même été confronté à cette réalité qu’est la maladie mentale. Mais le mythe, que colportent maladroitement et dangereusement les publicités de l’AMMQ, que les personnes souffrant de ces maux sont tous des adultes responsables vivant dans une bonne petite famille, dans le meilleur des mondes, est selon moi un grosse bullshit. Ce n’est pas parce qu’on tombe malade qu’on devient un saint, et il faut faire la part des choses entre responsabilité et dépendabilité. Une personne atteinte de maladie mentale en situation de pouvoir peut réellement faire des ravages dans la vie de ses proches. Mais qu’on vienne balayer de la main ces torts, en mettant sur le dos de la maladie mentale, c’est faire les coins ronds et dire au victimes de ces victimes qu’ils devraient cesser de se plaindre, et tendre la joue gauche pour la énième fois. Ça, ça me met vraiment en beau maudit, parce qu’on avance l’hypothèse que d’abandonner une personne malade, toutes maladies confondues, c’est de la lâcheté.
Hors, s’il y a ici quelqu’un qui se porte volontaire pour être martyr toute sa vie, qu’il lève la main ou assume son statut de beau sans-coeur pour les siècles de siècles. Amen.
Je fais de la projection, et j’en suis conscient. Reste que, quand je vois passer une de ces publicités, je ne peux m’empêcher d’appréhender le regard accusateur de quelqu’un en lui apprenant que j’ai coupé les ponts avec un proche atteint d’une maladie mentale. « Ben là, il existe des ressources, t’es ben sans-coeur ! ». Certes, des ressources il y en a, mais de convaincre une personne atteinte de maladie mentale de se soigner, c’est loin d’être aussi simple que d’enfoncer une cuillère de sirop dans la bouche d’une bébé de 11 mois. Et il y a des gens qui ne veulent pas se soigner, car elles considèrent qu’elles ne sont pas malade. Comme je l’ai mentionné, les maladies mentales, c’est quelque chose de très complexe.
S’occuper d’une personne atteinte d’une maladie mentale grave reste un choix, que l’on prend en fonction de ses forces individuelles. Ce n’est pas tout le monde qui peut en prendre autant sur ses épaules. La maladie mentale, ce n’est pas qu’une simple maladie dégénérative ou une déficience, c’est tellement plus complexe que c’est salement bête de la balancer dans le même panier de la maladie at large. Il est important de faire la distinction entre les types de maladies et les préjugés qui en découlent. Une persone qui tombe en dépression est totalement différente d’une personne qui subit une psychose ou qui devient bipolaire ou schizophrène.
Alors, quand trancher la ligne entre bipolarité et violence conjugage ? Comment distinguer un esprit marginal et borné de la maladie chez une personne schizotypique ? Qu’en est-il de la mauvaise fois et de la dépression? Rien n’est noir sur blanc dans la vie, chaque cas est différent, mais surtout, chaque individu est libre de sa personne, même quand les causes qui compliquent ses relations sont de nature comme telles. Les publicités de l’AMM pointe du doigt l’ignorance des gens sans toutefois insister assez sur l’accessibilité de l’information sur les maladies mentales.
Je ne dis pas là qu’il faut immédiatement balancer nos proches malades aux oubliettes. Mais si une femme décide de quitter son conjoint bipolaire, il serait extrêmement dangereux d’y voir là un signe de faiblesse et de lâcheté. La généralisation est une tendance aussi néfaste que la négation des problèmes des gens avec aux prises avec des problèmes de santé mentale. Et porter un regard empreint de pitié, et seulement de pitié, même si c’est pour remplacer celui remplis de mépris, c’est un peu comme offrir une gifle à la place d’une baffe à la personne concernée. C’est moins violent, mais ça fait mal pareil.