Vulgarité, sors de ce corps janvier 15, 2008
Posted by David in Sailor Bitch.add a comment
Je me confesse : J’ai de gros préjugés contre les fausses-beautés. Tous les remontés, les surbronzés, les bleachés, musclés - bref, tout ce qui semble avoir été maquillé au rouleau à peinture, ou qui passe plus de 3 heures par semaine au gym et qui porte un t-shirt écrit «C’est en bas que ça se passe» dessus. À mon avis, même une personne belle au naturel peut s’enlaidir à un point de non-retour en abusant des artifices du monde de la mode. Mais où se trouve donc Denise Bombardier, quand on a besoin de signifier subtilement à son prochain qu’il n’était pas nécessaire de passer sa bouteille de parfum au complet pour se rendre au dépanneur? Nulle part, évidemment.
Sauf que mon mépris ne se limite pas seulement à leur apparence physique. Tous des retardés mentaux, je vous dis! Et ceux je croise dans mon quotidien ne font qu’attiser le feu de mes préjugés.
Premier cours de la rentrée. Les étudiants sont tous arrivés et le prof commence le cours. Environ 15 minutes plus tard, la porte s’ouvre brusquement sur un bruit de «clac clac clac», et une échalotte habillée de haut et bas chez Le Garage entre, les cheveux fraîchements défrisés et le teint artificiellement bronzé. Elle s’excuse d’un simple, mais ô combien sincère sourire, et prend place en installant son sac Aldo à ses côtés. C’est la consternation parmis les étudiants : il y a une fausse pitoune dans la classe! Saura t-elle faire des phrases sujet-verbe-complément? Sait-elle ce qu’est un complément? Ou même un phrase? Se serait-elle trompée de chemin en se rendant au centre d’achat?
À la pause, elle s’est fait un ami. C’est un culturiste en devenir, les muscles sortant de partout, serti de l’éternelle casquette qu’il n’enlèvera jamais, même s’il n’y a pas de soleil dans la classe et que nous sommes en janvier, et qu’il neige et il fait -7 degrés dehors.
La seule fois où il a parlé, c’est pour répondre à une question du prof et trouver les fautes d’orthographes dans un texte.
«Euh, ça c’t'une faute dans la phrase ici.»
«Ah bon? Pouvez-vous m’expliquer pourquoi, dans ce cas?»
«Bah, ch’sais pas, ça feel pas naturel dans phrase, je le sens pas.»
Bravo Einstein.
Je comprends juste pas leur présence ici. C’est tellement pas the It place, une salle de cours. Y’a pas d’alcool, pas de concours de wet t-shirts ou de Lady’s Nights.
Dès fois je me dis qu’ils ont entendu dire que c’était rendu cool d’aller à l’université. Sauf qu’on leur a pas expliqué ce qui venait avec, genre l’étude, les devoirs, la présence, et les examens qui comptent. Généralement, ils s’éclipsent discrètement avant le milieu de la session, vers la date limite d’abandon des cours. Ils sont rares dans les cours de 2e et de troisième année, selon mon expérience personnelle. Ils se sont probablement rendus au Scratch de Brossard à se demander où ils ont atteris, avec le monde assit pis la personne qui parle en avant… l’unichose, là…